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Nicolas SIDOROFF

Musiquer : pratiques de recherche en lisières (Fabriquer et chercher dans les activités musicales ordinaires)

Thèse soutenue en sciences de l’éducation à l’Université Paris 8 le 12 décembre 2025

Devant un jury composé de :

Christine DELORY-MOMBERGER, professeure émérite en sciences de l’éducation, Sorbonne Paris Nord (rapporteure) ; Sylvia GIREL, professeure de sociologie Aix-Marseille Université (rapporteure) ; Pierre Johan LAFFITTE, professeur en sciences de l’éducation, Paris 8 (président) ; Yves CITTON, professeur en études littéraires, Paris 8 (examinateur) ; Sylvie PÉBRIER, musicoloque, professeure associée au CNSMD de Paris (examinatrice) ; Pascal NICOLAS-LE STRAT, professeur en sciences de l’éducation, Paris 8 (directeur de thèse).

Ce travail doctoral décrit des pratiques de recherche présentes au cœur des activités musicales. Pour cela, cinq mouvements s’enchaînent. 1/ Considérer la musique comme une pratique, le verbe « musiquer » plus que l’objet « musique » [Small, 2019]. 2/ Considérer la pratique musicale comme une interaction de six « noyaux à lisières » (création, performance, médiation-formation, recherche, administration et technique-lutherie). La notion de lisière, une zone « entre », est celle d’Emmanuel Hocquard [2000]. 3/ Se centrer sur des pratiques de musiquant·es « ordinaires de l’activité », pas « ordinaires » sans complément (illes ne font pas que « ça » au sens de la scène [Perrenoud, 2007]). Illes musiquent beaucoup, et certain·es ne font que « ça », compris différemment en incluant de l’enseignement. J’en fais partie. 4/ Resserrer la focale sur le noyau « recherche » et ses différentes lisières-écotones, 5/ en considérant la recherche comme un concept-calque [Hanna, 2025 ; Citton, 2017] : affirmer que toute activité est de recherche, pour expliciter à la fois ce que peut être cette activité (du fait de la considérer comme de la recherche), et ce que peut être la recherche (au travers de cette activité). Dans cet écosystème de considérations, je décris ce que nous faisons pour musiquer, en musiquant, dans trois gestes de recherche (familles d’action) : « documenter », « questionner-conceptualiser » et « faire dans une juste épaisseur du moment (improviser) ». J’explicite chacun par des récits détaillés de pratiques. Ces récits sont traces de « savoir-enquêter déjà-là » au cœur des pratiques. Quelles conséquences pour l’enseignement supérieur ?